Cancer de la prostate : Les hommes à haut risque de cancer de la prostate ont eux aussi leur parcours de soins en un jour

Cancer de la prostate : Les hommes à haut risque de cancer de la prostate ont eux aussi leur parcours de soins en un jour

L’heure est au parcours personnalisé de soins et à la volonté de réduire au maximum le délai entre la découverte d’éléments en faveur d’une suspicion de cancer de la prostate et le diagnostic. A l’hôpital parisien Tenon, le « Parcours du cancer de la prostate en un jour » sera opérationnel dès l’automne 2015. Une seule journée pour limiter une attente angoissante.

La découverte d’un cancer de bas grade ou de lésions précancéreuses, la persistance d’un taux d’Antigène Spécifique de la Prostate (PSA) élevé inexpliqué par les examens classiques, des cas de cancers dans la famille prédisposant au cancer de la prostate… autant de situations personnelles anxiogènes auxquelles peut être confronté un homme. Autant de réponses qu’il faut lui fournir en un laps de temps le plus court possible.

C’est la démarche de l’hôpital Tenon, une première dans l’Hexagone pour le cancer prostatique. Elle s’inscrit dans la droite ligne des objectifs du 3ème Plan Cancer 2014-2019 : réduire les délais, apporter la génétique et les techniques innovantes diagnostiques comme thérapeutiques dans le parcours de soins. Ce parcours en un jour est la suite logique et formalisée de ce qui est déjà organisé dans le « Centre de diagnostic et de Suivi des hommes à haut risque de cancer de la prostate », commente son instigateur principal, le Pr Olivier Cussenot, chef du service d’urologie de l’Hôpital Tenon et président du Conseil Scientifique de l’Association Nationale des Malades du Cancer de la Prostate.

Un parcours diagnostique ou thérapeutique personnalisé, en ambulatoire, de A à Z

« Le « parcours diagnostic en 1 jour » s’adresse aux hommes qui ont un risque global de développer un cancer de la prostate au cours de leur vie de plus de 20%, précise le chirurgien urologue. On entend par là des prédispositions génétiques, des antécédents personnels de lésions précancéreuses dans la prostate ou une anomalie du taux de PSA ». Chaque lundi, ces hommes dûment sélectionnés passeront un bilan génomique, une IRM multiparamétrique et, si besoin, auront une confirmation diagnostique par une biopsie ciblée sur les zones suspectes en IRM. Il suffira ainsi de quelques heures pour que les experts établissent un diagnostic et un plan de traitement ou un parcours de surveillance justifié par la nécessité d’examens complémentaires (bilan d’extension de la tumeur par exemple).

Pour pouvoir proposer ce diagnostic en un jour, encore fallait-il disposer d’outils d’imagerie performants. A cette intention, un système de fusion d’image IRM/échographe dernière génération a été installé à l’hôpital Tenon. Cette technologie permet de fusionner, en temps réel, les images d’IRM prostatique avec l’échographie prostatique dans l’objectif de réaliser des biopsies d’une grande précision et de planifier un traitement. « La performance ne réside pas uniquement dans la capacité diagnostique des technologies High Tech mais aussi dans les progrès thérapeutiques formidables les plus récents, tient à souligner le Pr Cussenot : traitements mini-invasifs et conservateurs (qui préservent la glande prostatique) comme alternative à la chirurgie d’exérèse totale (ablation de la prostate), à l’instar de la curiethérapie (radiations hyper localisées), la radiothérapie conformationnelle IMRT/IGRT (modulation intensité et guidée par l’image), les traitements focaux (destruction focalisée de la tumeur dans la prostate afin de préserver l’intégralité des fonctions sexuelles et la continence urinaire) » . La prise en charge est désormais « à la carte ».

Le développement de traitements en ambulatoire du cancer de la prostate, comme ce qui est réalisé dans l’adénome bénin de la prostate, déjà mis en place dans ce même service, est maintenant possible pour les patients qui relèvent de traitements conservateurs. L’hôpital Tenon peut également proposer en ambulatoire des traitements avec la technologie mini-invasive « Nanoknife ». Utilisée dans les grands centres européens (Londres, Munich..) et américains (New-York), elle n’était pas accessible en France pour la prostate, les deux Nanoknifes installés en France étant réservés au traitement des tumeurs du foie.

Sur Rendez-Vous:

Ecrire à : info.prostate@aphp.fr

Fax: 01.56.01.63.77

http://tenon.aphp.fr/prise-de-rendez-vous-pour-une-consultation-en-urologie/

Cussenot1 2015Pr Olivier Cussenot, chef du service d’urologie de l’Hôpital Tenon (Paris)

 « Un jour pour diagnostiquer, un jour pour traiter »

 « Trois cents hommes passeront par ce circuit court chaque année, venant d’eux-mêmes ou adressés par leur médecin. Nous proposons un parcours personnalisé diagnostique ou thérapeutique condensé pour limiter l’anxiété des patients et améliorer le confort. En se plaçant ici dans une situation de diagnostic à la fois précoce et personnalisé chez des hommes à haut risque de cancer de la prostate, on évite d’une part, pour le plus grand nombre, le « sur-traitement » (c’est-à-dire appliquer un traitement disproportionné à la gravité de la maladie et avec comme conséquence des séquelles sexuelles ou une incontinence urinaire) et, d’autre part, le « sous-traitement » (un petit nombre de tumeurs même de petit volume justifient malgré tout un traitement intensif). Aujourd’hui, un cancer de la prostate diagnostiqué précocement guérit sans séquelles et simplement ». 

L’Hôpital parisien Tenon, parmi les leaders mondiaux de la recherche en onco-urologie

Prolongement du circuit diagnostic en un jour, les données obtenues chez ces hommes sur l’épidémio-génétique et le développement des tumeurs urologiques (prostate, vessie, rein) servent grandement à l’étude des marqueurs moléculaires en onco-urologie pour le diagnostic et les traitements personnalisés. Une « bibliothèque » scientifique déjà constituée de 10 000 hommes place l’hôpital Tenon parmi les principaux centres de recherche à l’international sur ce thème. Le Pr Olivier Cussenot, est aussi le directeur scientifique du Centre de Recherche sur les Pathologies Prostatiques (Hôpital Tenon, APHP/ Institut de cancérologie Paris 6)*, et responsable de l’intergroupe coopérateur sur les cancers urologiques à l’INCa (Institut National du Cancer). Il est de plus le coordinateur du programme français de séquençage des tumeurs de la prostate et coordinateur du programme Prostate de la Carte d’identité des tumeurs de la Ligue contre le cancer. A cela s’ajoute la participation de ses équipes à plusieurs programmes internationaux étudiant la susceptibilité génétique à la réponse thérapeutique, c’est-à-dire comment la variabilité génétique de l’individu peut moduler à la fois son risque de cancer et la réponse aux traitements. Les retombées de ces découvertes (marqueurs de prédisposition, marqueurs de risque évolutif des tumeurs) bénéficient directement à ces hommes à haut risque de cancer de la prostate passant par le « Parcours du cancer de la prostate en un jour ».

*http://www.cerepp.org/

**Consortium ICGC https://icgc.org

Retrouvez plus d’informations en cliquant sur le lien ci-contre :4pA5 cancer prostate 11-2017